Les listes de Cyrille Weiner, photographe

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11 / Cyrille Weiner, photographe

Au croisement du poétique et du politique, de l’art et du documentaire, Cyrille Weiner observe des expériences d’individus qui résistent et échappent aux espaces et aux modes de vie normalisés.

Depuis le début des années 2000, ses photos explorent le rapport que nous entretenons à la ville – notamment dans ses marges, ses interstices et ses lieux en transformation – et nos manières d’habiter l’espace. Les sujets du paysage, de l’architecture et de l’humain sont associés dans des enquêtes précises menées sur les lieux. Se demandant obstinément comment les individus peuvent prendre emprise sur leurs lieux de vie, à distance des directives venues « d’en haut », le photographe quitte peu à peu le registre documentaire pour proposer un univers traversé par la fiction, qu’il met en scène par des expositions, des projets éditoriaux et des installations.

Né en 1976 et diplômé de l’École Nationale Supérieure Louis Lumière, Cyrille Weiner vit à Paris. Son travail a été publié par de nombreux magazines internationaux (M le Monde, foam, British Journal of Photography, artpress, l’Architecture d’Aujourd’hui, domus…) et exposé à la Bibliothèque Nationale de France (Paysages Français, 2018), au musée d’Art Contemporain de lyon (la région humaine 2006), aux rencontres d’Arles (l’impensé, 2010), à la villa Noailles à hyères (Presque île 2009).

Il est l’auteur de Presque île (villa Noailles – archibooks 2009), de Twice (éditions 19/80, 2015), Notre-Dame- des-Landes ou Le métier de vivre (collectif, loco 2018) et de La fabrique du pré (filigranes 2017).

Cyrille Weiner | Photographer | Paris, France

/ Once, Wim Wenders

Cyrille Weiner : Ce livre est mon fétiche. Il est sorti en 1993 alors que je commençais à sérieusement m’intéresser à la photographie. Le titre, tiré de l'expression "Once Upon a Time" (Il était une fois), annonce des séquences narratives courtes, autobiographiques. Il est une invitation au voyage, à l’errance et à la rencontre. C’est un livre vers lequel je reviens sans cesse et qui me donne toujours envie de sortir découvrir le monde avec mon appareil photo.

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/ Santulussurgiu, Patrick Faigenbaum

C.W : La discrétion de Patrick Faigenbaum n’a d’égal que la délicatesse de son regard et de son approche, qui s’apprente à celle d’un peintre. Santu Lussurgiu est un village de Sardaigne, celui de sa belle famille. Il y photographie des scènes de la vie domestique, des moments de la vie du village, des paysages, des natures mortes. Profond et somptueux.

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/ La carte d’après nature, Thomas Demand

C.W : Thomas Demand a sélectionné des œuvres autour du concept de "Nature", suivant le titre et le style du magazine d'art publié au début des années 1950 par René Magritte. Ce commissariat suggère une nouvelle manière de capter la nature en intégrant les œuvres de 18 artistes, du classique au contemporain. Plus de la moitié des pages sont occupées par "La Ragione Della Natura" de Luigi Ghirri, et notamment des œuvres inédites, dans un volume à part inséré dans le livre. C’est un ouvrage magnifique, actuel et singulier dans le regard qu’il propose sur la « Nature ».

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/ Kodachrome, de Luigi Ghirri

C.W : Je pourrais proposer n’importe quel ouvrage de Luigi Ghirri tant l’œuvre de ce photographe m’inspire de manière toujours renouvellée par sa délicatesse, sa poésie et sa diversité de genre et d’écriture. Kodachrome est le fac similé d’un classique introuvable, manifeste avant gardiste auto- publié en 1978. Ce livre est une forme de quintessence au sein d’une œuvre extrêmement riche, dont l’influence sur la photographie contemporaine est la plus significative.

Ghirri s’avère aussi un explorateur d’espaces et d’architectures, qu’il restitue subtilement dans des registres variés, minimalistes, étranges ou poétiques, qui toujours interrogent notre manière de regarder le réel.

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/ Eden, Christophe Bourguedieu

C.W : Ce pourrait être n’importe quel livre de Christophe Bourguedieu, mais j’affectionne celui-ci en particulier. Il s’en dégage une puissance sourde. Les photographies de Christophe Bourguedieu enpruntent au registre cinématographique. Elles sont des ébauches de fictions que l’on peut librement imaginer. Ses photographies m’attirent, me fascinent, me hantent. Je ne m’en lasse jamais. Elle perturbent positivement le regard que je porte sur ce qui m’entoure.

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/ Tokyo, Takashi Homma

C.W : Ce que j’aime chez Homma c’est la façon de raconter un rapport à la ville où s’entremêle l’intime et le document. Il y a beaucoup d’énergie derrière l’apparente simplicité de ses photographies, ce qui constitue sans doute la raison pour laquelle j’aime les revoir.

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/ Södrakull Frösakull, Mikael Olson

C.W : Cet ouvrage est le fruit d’une relation longue et intime du photographe Mikael Olson avec deux maisons de l’architecte suédois Bruno Mathsson. C’est une représentation photographique très sensible et délicate. Chargées de strates d’histoires, de mémoires, les photographies témoignent d’un engagement très fort du photographe envers son terrain d’explorations et d’expérimentations. Les photographies sont très belles et extrêmement bien reproduites.

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/ Atmosphères, Peter Zumthor

C.W : Dans cet ouvrage, petit objet d’édition délicat, Zumthor propose son interprétation personnelle de ce qui constitue la qualité architecturale. Ce livre convoque tous les sens. Il me rappelle ce qui est essentiel dans le rapport à un lieu, et dans ma manière d’appréhender les espaces que je photographie.

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/ Détails du monde, Sophie Ristelhueber

C.W : C’est un petit livre, format poche, à couverture rigide. Il procure une sensation haptique de densité. Ce livre pose la question de comment distinguer la frontière entre la réalité et la fiction ? Sophie Ristelhueber nous dévoile son rapport au monde, sa lecture de ses détails, les cicatrices qui marquent les territoires et les vies… L’artiste nous livre des éléments qui nous permettent de comprendre la construction de son œuvre intemporelle et universelle.

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/ Construire autrement, Patrick Bouchain

C.W : C’est un ouvrage auquel j’ai contribué, comme de nombreux qui ont suivi dans la collection L’Impensé d’Actes Sud, dirigée par Patrick Bouchain. Je n’avais jusque là que des intuitions pour comprendre, interpréter et représenter les territoires, notamment délaissés, qui étaient mes terrains d’exploration. Cet ouvrage, à travers ses différentes contributions, m’a aidé à mettre des mots sur des intuitions. Il est une source pour aborder le monde avec ce qui lui manque souvent : l’enchantement.

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/ A la découverte du paysage vernaculaire, John Brinkerhoff Jackson

C.W : L’auteur, géographe, y définit tout d’abord le paysage : avant d’être contemplé et apprécié esthétiquement, il est produit et habité par les hommes, qui organisent collectivement leur cadre d’existence. Il nous livre ensuite une distinction fondamentale entre le “paysage politique” (produit par le pouvoir) et le “paysage vernaculaire” (fabriqué localement par les habitants). Mon travail explore cette distinction, notamment dans des lieux où elle apparaît de manière frictionnelle.